Sylvie Puiroux, danseuse contemporaine

Projet Sillages

Création de Sillages

Présentation du projet
Le projet Sillages a vu le jour en 2007 à Nice, à l’initiative de Béatrice Mazalto (Association Le terrain Vague) et de Sylvie Puiroux (Association Evidanse) afin de participer au développement de la danse contemporaine.
Il a évolué jusqu’à devenir un concept novateur de coopérative chorégraphique mobile, sans support, véritable processus de mutation artistique qui propose un travail de fond en formation et création de pièces chorégraphiques en même temps que des évènements ponctuels.
Se situer à l’entre-deux des institutions et des compagnies lui permet une grande liberté de mouvement dont il se sert pour favoriser une ouverture aux autres arts, et notamment aux arts plastiques avec lesquels il questionne le statut de l’art et de la danse actuels.
Pour un de ses temps forts, une semaine par an, Sillages s’élabore en concertation avec la Section Danse de l’Université de Nice, le Centre de Formation Professionnelle Off Jazz danse, le Conservatoire à Rayonnement Régional de Nice, et était, avant sa fermeture, soutenu par l’Adem 06. Sillages s’interroge sur le lien qui est fait par la danse contemporaine entre la pensée et la corporéité : il ouvre des territoires de partage du sens, des sens.
Mais le processus Sillages a, plus que tout, la vocation, en créant des réseaux de rencontres, de promouvoir la transmission pédagogique de la danse contemporaine par l’entremise de l’oeuvre de création elle-même.

A propos de l'origine :

Conversation - Nice, Le 5 Janvier 2007

Sylvie Puiroux : Ma rencontre avec Christine est la rencontre d’une réponse qui est au-delà de la danse, c’est une réponse d’existence à travers la danse.

Béatrice Mazalto : Ma rencontre avec Christine, c’est comme si tout à coup je pouvais être. Pour moi c’était la réponse d’une existence et d’une autorisation.

Sylvie Puiroux : En te rencontrant, j’ai l’impression de revivre le moment où j’ai rencontré Christine, de retrouver un lien fort avec le passé. Moi ce qui me touche, c’est ce que tu as fait ici, seule. Et c’est pour ça que je veux qu’on fasse exister ce projet ensemble. Ce que tu as porté et ce que tu continues de porter, c’est à travers les filiations qu’on a en commun.

Béatrice Mazalto : Oui, c’est une question de terre, de territoire …

Pourquoi ce projet ?

Sylvie Puiroux : Ce projet est pour chacun d’entre nous. Pour moi, c’est un besoin de rentrer à la maison ; j’ai besoin de re-savoir l’origine des choses. Vivre quotidiennement dans une communauté de danseurs, c’est essentiel. Sans ça, je ne peux pas vivre autrement. J'ai toujours reconnu Christine en tant que créatrice. C’est ce qui m’a fascinée dans son travail, cette énergie créatrice …

Béatrice Mazalto : Christine est toujours en état de création. Lorsqu’elle créée, elle puise ce qu’elle va faire émerger grâce à un regard précis et large. Sa manière de voir le corps en mouvement est une création. Quand elle fait une correction à un danseur, c’est impossible de ne pas la comprendre. Elle parle à plus que l’individu ; elle parle à son corps de danseur, à l’émergence du devenir. Elle l’investit de sa propre puissance. C’est un état de grâce, et c’est pour ça que c’est du travail de création.

Sylvie : La danse contemporaine existe au sein d’un équilibre entre l’enseignement et la création. Ces deux entités sont indispensables l’une à l’autre. Si cet équilibre est rompu, il est très difficile de continuer à se ressourcer. C’est dans ce sens là que ce projet doit exister, il faut creuser cette histoire de relation création/pédagogie. Et il est important que ce soit une chorégraphe, une créatrice qui enseigne …

Béatrice Mazalto : L’enseignement tire sa source dans la création. L’acte de danse comme le conçoit Christine, est un des fondamentaux que j’aimerais de faire passer dans mes cours. Tout envisager à l’intérieur du cours comme un acte de danse ; la manière de se parler, de se déplacer, etc. C’est une prise de risque, un engagement énorme. Je l’ai entendu de la bouche de Christine, et je l’ai compris en l’observant.

Sylvie Puiroux : Quelles sont les nécessités intérieures et profondes à un moment donné ? Il faudrait créer un lien entre tous les lieux où vit la danse, une rencontre pour favoriser le développement de la danse contemporaine à Nice. Créer des échanges, des imports / exports, faire circuler les énergies créatrices.


Contenu

En partenariat avec l'Adem 06, le Conservatoire, la Section Danse de l'Université et le Centre de Formation Professionnelle Off Jazz, Sillages crée et organise un temps fort annuel :
Le temps fort Sillages est pour moi une semaine de bonheur dansant...
les rencontres, les croisements des uns et des autres révèlent une fois encore pour moi que la danse réside avant tout là dans ce qu'elle peut créer de plus humain, et de plus chaleureux à travers nos spécificités et nos différences tant artistiques, pédagogiques ou plus intellectuelles ; la danse nous rassemble dans un désir commun de lui donner une existence à travers nos engagements divers d'amateurs, d' étudiants, de jeunes danseurs ou plus vieux, etc....
et c'est la joie toute simple de danser ou d'évoquer la danse ensemble de se réunir à travers cette nécessité que SILLAGES défend , depuis sa création Céline, Béatrice et moi défendons ce propos, cet état d'esprit, ce flux libre possible entre tous et permettant à chacun en toute liberté d'exprimer ses désirs, ses points de vue dans cette aventure d'une semaine dansante.

SILLAGES 2008
4 au 8 mars

Autour d'un chorégraphe Alwin Nikolaïs
Danse et Arts Plastiques

Programme

SILLAGES 2009
28 mars au 4 avril

Isadora Duncan
L'avenir danse – Danse l'avenir

Texte d'introduction

SILLAGES 2010
14 au 21 mars

Odile Duboc, à la lumière de son oeuvre.

Texte d'introduction

SILLAGES 2011
14 au 18 mars

Une Danse à l'Oeuvre
Françoise et Dominique Dupuy

Texte d'introduction

SILLAGES 2012
26 au 31 mars

Tanz Mit Mir !
Avec Kenji Takaji du Tanztheater de Wuppertal, Anne Martin, Ingeborg Liptay, Jacqueline Challet-Haas, Marie-Odile Langlère.

Texte d'introduction

SILLAGES 2013
25 au 30 mars

Echo Danse danse danse !
Autour du travail de D. Dupuy, J. Robinson, K. Waehner.

Programmation

Créations et Performances

2008, Dix lieux de là

Chorégraphie : Christine Gérard
Le processus de Création
Cette chorégraphie prend en compte les participants, qui par leurs propres cultures, leurs propres expériences, leurs propres vies rendent la matière chorégraphique ainsi, multiple et diverse.
À partir d’une alliance de toutes ces singularités, des danses s’écrivent et créent des paysages: arrière-plan, «fond d’écran». Ils traitent des diverses possibilités pour que des unicités, des communautés fassent naître au creux de leur densité des danses issues des forces internes de chaque danseur.
Sous forme de solos, duos, trios ces moments singuliers viennent ponctuer, inscrire les engagements de chacun et modifier les paysages.
Ces instants sont liés à des choix personnels qui font jouer des résonances dans la poétique de l’espace et l’écriture des émotions.
Des rencontres, sous formes de stages, ont permis l’émergence d’une proposition chorégraphique qui s’écrit à partir d’improvisations et sous le regard de Christine Gérard.
L’écriture s’élabore au sein du groupe par échanges, imprégnations et en tisse ses propres nécessités.
La multiplicité de ses points de vue, unifiée par la chorégraphe, permet à cette écriture d’être un lien de convergence mais aussi un espace d’expression unique.

Christine Gérard


Programme

le 8 mai 2007 à 7h, 11h, 16h, 20h
Balise – Performance collective

Cadran solaire Roba capeu à Nice- Chorégraphie Sylvie Puiroux
Notes données aux interpretes pour la performance
Notes données aux interpretes pour la performance 2
Notes données aux interpretes pour la performance 3
Photos de la performance

2009, Mémoire courbe

Chorégraphie : Sylvie Puiroux dans le cadre de l'hommage rendu à Isadora Duncan dans les jardins du musée des Beaux Arts à Nice.

Never mind

Chorégraphie : Sylvie Puiroux dans Seuls avec...Christine Gerard
Programme
Processus de création
Chacune de ces chorégraphies a été travaillée en amont autour d'un sujet, d'une discussion entre Christine Gérard et chaque danseur pour élaborer les paramètres du solo. Un échange de paroles, un contenu par le dialogue : une autre façon d'envisager une chorégraphie.
Ensuite, il y a eu la rencontre pour approfondir le désir de chacun par le corps, sans jamais perdre le premier élan, la nécessité de départ, et de permettre son évolution, ...
Que le solo retrouve une forme de liberté grâce au caractère particulier de la danse.
Chaque solo a ses propres qualités d'écriture, son propre point de vue. Il travaille sur l'inconscient, « visualise » la danse autrement : quelle est l'histoire non dite, quelle va être la chose la plus émouvante, la plus énigmatique ?
Notes de travail de Sylvie Puiroux
La Peau
Silence, suspension, plis, creux.
Pluché, peau éléphant, doux, râpé
Transformation du passé, dépouille, relique.

Transformation à partir d’un point de suspension qui n’est jamais le même.
Imaginer que c’est la peau qui pend.
Os, peau ? Quelque chose au porte manteau de différent qui pend

Quelque chose de très mobile, c’est les lignes qui apparaissent qui créent le mouvement.
Idée de verticale, mobilité dans la verticale avec la masse.
C’est une partie à composer

Une autre partie autour du film

Ployer, déployer, rapport au sol
Même structure que la première, le coyote se déplace tourne autour de lui.
Tension petit à petit, il arrache des morceaux et le peintre se reconstitue
À la fin, il touche l’animal, il le prend dans ses bras
Immobilité
Actions qui permettent de quitter ce lieu
Prendre plusieurs couvertures cousus, et sortir de dessous

Couverture qui serait liée à la terre Brut
D’être dessus, envelopper des segments du corps, enfouissement
Recouvrement
Croix-Rouge, protection, réchauffement
Sol présent et absent
Les patates, cela me plaît. Beaucoup de patates une colline, univers brut, social
Terreux, nourriture de base, peuple, des épluchures
Eplucher par moment des patates, coller sur la peau, poser les patates dans les creux du corps, sculpter avec des allumettes
Idée de tas

Photos de Never mind

Peaux plurielles

Chorégraphie Brigitte Asselineau
Présentation
Notes Duo Sylvie Puiroux / Céline Brémond
Photos
Vidéos

Berceuses - 2012

Chorégraphie : Christine Gérard.
Interprètes : Sylvie Puiroux, Béatrice Mazalto et Céline Brémond.
Présentation
Notes de Sylvie Puiroux
Christine,
quelques notes pour le trio,
Duo avec Céline :
Croiser jbe drte devt assise profil + 2 index
Sternum en arrière, sternum en avant, suivre la main de C puis sternum côté avec tête sur le bras
Développer jbe drte au dessus du sol, tourner la tête à drte, le pied drt tire la jbe drte plus loin vers la drte jusqu'à se poser
Plier la jbe drte en dessous
Revenir vers C avec 1 creux 1/2 cercle en arrière du sternum de drte vers gche puis continuer le cercle sternum en avant de gche vers drte
Pencher vers drte regard vers C
Repère musique aux notes de la contrebasse poser les doigts 1 à 1 jusqu'aux mains en appuis profil public
Avancer poids du corps vers avant des mains, attitude jbe drte
Arabesque ds la diag arrière drte
Attitude jbe drte diag avt drte + coude drt va vers la verticale + bras gche s'allonge remontée fente
2 Pas croisés vers ptte diag arrière gche
pour duo avec Betty
jbe gche en dehors/fente côté
main gche va sur le dos de Betty
main drte va sur le genou de Betty
temps de silence/lever jbe drte arabesque reposer parallèle et plier et dos qui s'arrondit
rammener pied droit par glisser jbe gche pliée ; remonter le dos,
au moment où Betty pose le pied drt je fais 1 pas du pied drt en avant ; j'attends, je lève la jbe gche et je descends le haut du buste, la jbe redescend par côté, un temps de silence 1/2 pointes erammener tout tendues...
je n'ai pas la suite que nous avons fait avec Betty
pour le solo des appuis/ j'ai quelques points de repères :
- marche 3 pas poing gchd ds le bas du dos main drte en appui diag arr gche/ 3ème col vert grde extension et dos 1ère
- regard espace sous coude drt
- genou
- marche croisée visage en bas jbe
- visage, jbe + dos
- jbe+ se pose + dos + tête genou
- visage profil
- jbe + pied/genou pied/pied
- 3 accoups doux pour revenir
- aller poser le coude ; développer les jbes, revenir avec la tête - poser et remonter en spirale très doux
(Face publice mesures couturière avec fil élastique, noeud et boutons...)
signal musique redescente de dos
marche 3 pas dos 3ème dos 1ère coude regard genou - marcher pour arriver profil jbe croisée, jbe devt visage caché
jbe côté, visage + dos s'allongent côté, poser bassin enrouler dos rond tête genou repère musique début du Brahms
visage profil gche
jbe pied genou/pied pied/ 3 accoups/ coude/ jbes en haut/ tête regard
coiser jbe drte devt assise profil
ammener les 2 index par colline au dessus piqués vers le sol ( banderillas taureau Picasso)


Je ne sais pas si cela t'aidera mais ça me fait plaisir de te l'envoyer,
T'embrasse
Sylvie
Vidéos - répétitions

Photos

Transmission dans le dispositif « danse en amateur et répertoire ».

Professeur référent pour 3 tutorats :
Duncan (2009)
Trois pièces d'Isadora Duncan : mené par Elisabeth Schwartz.
Laban (2011)
Extrait de « Der Titan » 1927, de Rudolf Laban mené par Christine Caradec et Elisabeth Schwartz.
Dupuy (2013)
Extrait de « Visages de femmes » de Dominique Dupuy, mené par Dominique Dupuy assisté de Paola Piccolo et de Christine Caradec pour la notation du processus en notation Laban.
Interview de Sylvie Puiroux
Novembre 2012 pour mémoire de Carla Coronado, étudiante

C 3 là 2006 trio

Conception: Suzanne Cotto
Action: Sylvie Puiroux, Béatrice Mazalto, Suzanne Cotto
Musique : Christine Moreau
Video DVD C 3 là

Le rythme et la ligne.

Duo avec Charlene Martin, Musée Matisse 2012
Présentation
Texte de préparation envoyé à Charlène Martin
Photos

FILMS AVEC OLGA BOLDYREFF 2010-2013

53

Olga Bodyreff :
"Je me demande encore si Sylvie n'est pas une "artiste infiltrée" dans le monde de la danse tant elle a proposé d'aventureux mélanges entre diverses pratiques. Nous avons toujours eu, elle et moi, l'envie de déplacer les postures d’une discipline sur l’autre, d'amener les arts à converser entre eux. Dans l'apparente légèreté qu'offre notre création 53, nous voulions souligner la part du presque rien.
Nous avons pensé au "presque rien" de Vladimir Jankélévitch, dans le "avant" qui est le "pas encore" et le "après" qui est le "jamais plus".
Nous avons pensé au concept de l'inframince crée par Marcel Duchamp. Et puis nous avons tout oublié pour faire notre propre expérimentation. Je voulais un langage en devenir, Sylvie voulait un geste humble, anti-élitiste. Nous voulions le geste du peintre sur la toile, de l'écrivain sur la page blanche, du danseur dans l'espace. Il n’y avait aucun fil à suivre, aucune narration. Nous voulions explorer une surface et sa part d'invisible dans une esthétique proche du minimalisme.
Nous avons cherché des gestes simples, dépouillés, libres, dégagés de tout jugement de valeur. 53 ressemble à une improvisation d'enfant, à une posture artistique presque naïve qui revendique sa part d'innocence. Cette création est aussi un clin d'oeil malicieux à John Cage et à sa très fameuse partition de musique 4′33″."

Autoportrait

Olga Bodyreff :
"L'autoportrait est un exercice que de nombreux peintres ont pratiqué, certains à tous les âges de leur vie comme Albrecht Dürer, Rembrandt, Vincent Van Gogh, Egon Schiele, Pablo Picasso, Pierre Bonnard, Frida Kahlo, Francis Bacon, Opalka....
L'autoportrait n'étant pas réservé aux seuls arts plastiques, j'ai proposé à Sylvie de travailler sur ce thème pour réfléchir ensemble à ce genre peu représenté en danse contemporaine. Je voulais avec cette proposition aborder avec elle la question de l'identité et de la dualité. J'avais parfaitement conscience, et elle aussi, qu'en travaillant sur ce sujet nous allions et l'une et l'autre, représenter une part, à la fois sombre et lumineuse, de nous-mêmes. Je me suis approchée au plus près du visage de Sylvie pour installer un dialogue entre elle et le spectateur.
L'autoportrait est tout sauf un monologue. Dans ce solo, sorte de journal intime, a mi-chemin entre danse et peinture, Sylvie pose la question de l'altérité en nous faisant rencontrer l'Autre. Elle nous invite à élargir notre horizon. A chaque battement de cils, elle nous transmet une émotion universelle : espoir, amour, souffrance, énergie. Créateur de l'étrange, le miroir triche, il nous renvoie une image inversée. Dans notre création Autoportrait, il joue son rôle de mise en abyme en troublant les codes de représentation. Où est la réalité, où est l'image ? Face au miroir et très lentement, Sylvie esquisse un autoportrait qui révèle toute la complexité de l'être. Se connaître est un chemin qui mène toujours plus loin."

Tête Rouge

Olga Bodyreff :
"La couleur rouge est sûrement la couleur la plus fascinante et la plus ambiguë qui soit. Elle est tout à la fois couleur du feu et du sang mais aussi couleur divine. Cette double personnalité lui confère un attrait magnétique.
Dans le monde de l'art, le rouge fut une des premières couleurs découvertes et utilisées. Les icônes de l'école de Novgorod sont peintes, pour la plupart, sur des fonds rouge vif.
Dans la Russie des années 1915, la peinture "Carré rouge" de Malévitch sera considérée comme "l'image du changement ", celle qui annoncera plastiquement la Révolution d'octobre.
Lorsque Sylvie découvre ma sphère rouge, nos échanges s'animent. Nous parlons des aspects tout à la fois ange et démon de cette couleur, et des qualités d'expansion et de concentration de la sphère. La sphère est la forme parfaite dans l’espace à trois dimensions. Sans commencement ni fin, elle se situe hors du temps et de l'espace. La sphère incarne l'idée du mouvement, l'absence de division, l'éternité.
En s'emparant comme elle le fait de ma sphère rouge, par un jeu de vide et de plein, Sylvie prolonge ma sculpture vers le mouvement, le changement. Elle nous offre le visage de l'amour, de l'audace, de la vie et de la beauté. En russe, krasnoï veut dire "rouge" mais aussi "beau". L'oeuvre Tête rouge incarne cette énigme. "

Festival du livre de Mons Sartoux 2012

Impulse la présence de la danse sous forme d'un stand et d'une rencontre littéraire avec Dominique Dupuy pour son ouvrage « La Sagesse du danseur » au Festival du Livre de Mouans-Sartoux des 5, 6 et 7 octobre 2012, et la co-organise avec Marie Glon, rédactrice de la revue Repères et coordinatrice des Editeurs en danse et représentante de la Biennale de la danse du Val de Marne.

Formation au CA

Réflexion sur la technique en danse contremporaine La technique en danse est un moyen d'accès à l'expression artistique... pour moi, il n'y a pas une technique en danse mais des techniques, ou des façons différentes d'aborder la technique.
La technique est ce qui permet au danseur de « travailler » , d' « affûter » , de rendre toujours plus conscient son corps, instrument de la/sa danse.
L'aspect technique en danse contemporaine est pour moi indissociable d'une intention artistique, qu'elle relève d'un rapport à l'espace, à la musique, à l'autre où de l'exploration d'une ou de plusieurs qualités de gestes, de mouvements...etc...associée à un engagement profond.
D'un point de vue pédagogique, on dit communément qu'il faut dix ans pour qu'un danseur soit formé. Si, je fais un retour sur mon propre parcours, je constate qu'il faut du temps, et surtout que ce n'est jamais terminé pour avoir les moyens qui permettent de s'exprimer de la façon la plus libre...je crois que c'est là que réside le sens de la technique pour moi.
Ce sont les moyens d'accès à la liberté de l'expression dansée...
Et, ce qui est passionnant en danse contemporaine, c'est que chaque individu selon son potentiel et ses intentions, peut se créer sa propre technique appropriée.
Dans ce qu'on appelle, « la formation du danseur », un certain nombre de critères en référence aux points fondamentaux ( exemples : poids/suspension, mobilité de la colonne vertébrale, appuis...etc) qui ont défini ce qu'est la danse contemporaine aujourd'hui, sont travaillés sous formes d'exercices déclinés dans la première partie du cours de danse contemporaine.
Une progression pédagogique adaptée selon l'évolution et l'âge des élèves est mise en place par l'enseignement dans les conservatoires.
L'écueil le plus fréquemment rencontré dans l'enseignement technique en danse et qui m'interroge dans mon propre enseignement est la dissociation fréquente entre l'intention et la technique (à quelques niveaux que ce soit, de l'amateur au professionnel), voire un formalisme technique qui prime sur une réelle intention artistique. Cela provient parfois du contenu qualitatif même et de la pédagogie du cours, et peut-être également de la dissociation qui s'est faite, petit à petit, entre cours technique et atelier. ...on ne sait plus très bien pourquoi, mais on fait des pliés parce qu'on doit faire des pliés!!
Comment rendre chaque instant du cours aussi vivant pour que chaque élève responsabilisé et créatif danse à part entière ?
L 'atelier en danse est un temps qui permet la recherche, l'exploration, l'expérimentation, la création, et qui donne la place à l'expression de chacun, à l'identité, à l'écoute et donc à l'altérité.
C'est un moment privilégié qui doit nourrir et créer l'artiste en chaque individualité, ( l'amener ailleurs, à ce qu'il ne connaît pas encore de lui-même...) :
− à sentir l'authenticité du geste,
− à s'engager entièrement dans sa propre nécessité,
− à se former un sens artistique critique,
− à toucher la sensibilité de l'autre ou à être touché,
− à lire la danse de l'autre en aiguisant son regard,...

Pour moi, l'atelier comprend de l'improvisation avec des règles énoncées clairement et des objectifs précis ( l'improvisation est la dernière chose qui s'improvise !).
L'improvisation se réfère également à une ou à des techniques, et peut s'élaborer en fonction de ses propres finalités ; il est intéressant de citer ses références (courants artistiques) afin que l'élève puisse se situer dans l'histoire de la danse et dans l'histoire de l'art.
La technique, à proprement parlée, énoncée précédemment, a également sa place et participe largement à la lisibilité des intentions.
Des temps dosés d'échanges et de communication sont importants pendant l'atelier, et enrichissent les propositions et les opinions.
Ensuite, l'atelier va jusqu'à la composition, même courte.
Il est nécessaire, pour moi, de relier l'acte dansé à l'engagement de l'écriture et d'en cultiver le goût dès les plus jeunes âges.
Proposition d'un atelier

Pédagogie

- Off Jazz :
Enseigne de 2004 à 2010 au Centre de Formation en Danse Off Jazz. Dans ce cadre, donne les cours techniques et d'atelier aux enfants et étudiants en étude professionnelle et encadre les candidats au DE en pédagogie pour l'éveil et l'initiation.

- Université :
Enseigne en tant que chargée de cours pour la Section Danse de l'Université de Nice Sophia-Antipolis de 2006 à 2011 les « Bases et Fondements du mouvement dansé »
- Autres : Notes de Céline Brémond. Séance de travail avec Sylvie Puiroux, préparation à L'EAT
Terrain vague : Donne un cours technique de 2008 à 2011 et des ateliers d'improvisation et de composition.
Texte d'Anne-Laure sur atelier

Le il y a de la danse
La danse est le lieu d’une solitude profonde, et la rencontre de cette solitude profonde avec celle de l’autre. La danse est l’approche et l’accueil de cette altérité même, car le corps est et sera toujours ‘‘cette région secrète’’, comme le disait Jean Genêt, où ‘‘les êtres se réfugient’’
Dans la même veine que cette écriture poétique, on retrouve le sang et la solitude, la sincérité profonde de l’acte de danser : on se s’arrête jamais de danser, danser justifie notre existence, et ne saurait être autre chose qu’une danse infinie, mêlant l’intime à ce que Dominique Dupuy appelle l’extime, lorsque l’intime ouvre à l’extime dans l’immédiateté de l’acte dansé.
Entre le solo et la danse chorale, point de frontière, le danseur est toujours habité par l’autre, et même un solo fait la rencontre de l’autre, puisqu’on y reconnaît encore son identité propre, dans le solo on ne perd pas l’autre, mais l’on fait un avec le collectif en étant soi-même, dans sa profonde solitude.
La danse est toujours ce corps collectif, la chorégraphie sans cesse ce lieu où l’on vient ‘‘mettre en espace les relations’’ et cela résonne pour Sillages qui est comme une chorégraphie, une métaphore de la création et le socle, le fondement, par lesquels la danse peut survivre et vivre malgré le péril où elle se déploie. Créer sa propre existence poétique est essentielle à la danse, dans le corps politique, quand la danse est ce par quoi peut être dépassé le politique dont elle joue et se joue, en tant qu’art vivant.
Danser, aimer, l’amour de l’autre, la reconnaissance de l’altérité, se donnent dans la rencontre, et la danse chorale, à ce titre, forme un cœur de corps battant à l’unisson dans le rythme et la danse. Il y a là une forme de transcendance dans la danse, quelque chose qui nous fait traverser la danse, dans l’humilité nécessaire d’un être ensemble incessamment renouvelé.
Sillages est cet être ensemble, ce désir né organiquement de rencontres, un désir comme un processus qui échappe et se transforme, une somme, en réalité, de désirs inavoués, à peine formulés, souvent cachés, des désirs qui se disent de ne pas se prononcer, mais le désir aussi d’émuler les choses et les êtres, créations émergées de l’indicible.
Sillages est un acte de transmission de la danse elle-même telle qu’elle se donne, et de son histoire, inscrite dans le corps même qui l’expérimente et qu’elle transforme, c’est comme un atelier de sculpteur ou de peintre, un lieu symbolique qui vient donner au danseur ce dont il a besoin pour agir et acter le geste dansant.
Le danseur est toujours dans une catastrophe d’existence, créer les conditions de l’existence de la danse, comme une alterdanse, permet de trouver les solutions à cette existence sans arrêt en péril, du fait même de son caractère éphémère et ineffable. Danser est essentiel à l’être humain, la danse naît de la sensation intime du mouvement, de la création infime du souffle et la danse vient à travers tout, les mots, un sourire, un regard, c’est un mode d’expression à part entière que partage chaque être humain. La lecture de la danse, son apprentissage et sa transmission tout du moins, est essentielle à la danse, la lecture ne se donne pas d’emblée, mais la lucidité du regard de l’autre est essentielle et indissociable de la liberté du créateur, l’écriture permet cela, cette transmission de la danse, mêlée à une interprétation, une vision et une lecture singulière de cette danse.
Il y a danse. Il y a danse dans le silence intérieur et son écoute, au-delà et en deçà des mots, car paradoxalement, ce qui relie profondément à la danse, le danseur, c’est l’absence de mot, le silence des mots, ne sachant plus que dire de ce qui advient, là, dans le corps, la danse commence lorsque le mot devient pure perte. L’état de danse procède d’une sensation, d’un débordement du mot, la danse est ce qui traverse le danseur dans d’une traversée où il est lui-même absent. Il y a danse, mais danse t’on réellement, mais ce qui est dansé est-il danse, on ne sait pas, même en dansant, alors ce sont les mots qui viennent nous dire : il y a eu danse, peut-être… Ce dont en revanche nous sommes certains, c’est que la danse est une transcendance de la vie qui nous rapproche de la mort et rend plus intense le sentiment même de vivre...

Paroles : Sylvie Puiroux
Ecriture pensée : Anne Laure Guichard
Nice 2011